3.2.07

Non, Monsieur l'abbé Aulagnier, le "Syllabus" n'est pas en "Opposition" avec Dignitatis Humanae

L'abbé Aulagnier ose écrire :


"Or, il se trouve que cet « idéal » de « collaboration » est en pleine opposition avec la doctrine exprimée par Pie IX dans le Syllabus et sa dernière proposition. Le Cardinal Ratzinger, du reste, le confirme bonnement : « Si l’on cherche un diagnostic global du texte (Gaudium et Spes), on pourrait dire qu’il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus » (p. 426) Et il précise, pour qu’on ne se méprenne pas sur sa pensée : « ...il joue le rôle d’un contre-Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789 » (p. 427), c’est-à-dire ayant rompu définitivement avec l’idéal de la chrétienté médiéval, où le temporel coopérait avec l’Eglise pour la recherche et l’obtention de tous de la vie éternelle par le désir d’un agir vertueux. La vie éternelle et son obtention étaient le formel des temps de chrétienté."

La dernière proposition du Syllabus est :

Le pontife romain "peut et doit transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne". Cette proposition est condamnée.

On conclut hâtivement de cela que si le pontife romain se réconcilie avec le monde moderne, il contredit le Syllabus de Pie IX.

Rien n'est plus faux.

Ce que le Syllabus condamne, c'est la prétention de ceux qui voulaient, ou veulent, dicter sa politique au Pontife Romain. Le Saint Siège est libre de sa politique, il n'a pas de leçon de morale à recevoir, encore moins sous peine de condamnation.

Il peut changer la discipline, il n'a pas besoin de l'autorisation de Mgr Lefebvre pour ce faire.

Sur le plan de la portée doctrinale : le progrès tel que le voyaient les penseurs libéraux du dix-neuvième siècle est un progrès vers le laïcisme et le socialisme.

Le libéralisme en tant qu'il met sur le même plan la vérité et l'erreur, la vertu et le vice reste condamné par Vatican II et les papes depuis Jean XXIII.

La "civilisation moderne", c'est la civilisation sans Dieu, la civilisation laïciste.

Songeons que le "Titanic" s'appelait ainsi par souci d'exaltation du mythe de la science qui vole à Dieu sa force et ses secrets. C'est toute une époque.

Il est, en revanche, exact que Dignitatis Humanae introduit une nouvelle DISCIPLINE. Il n'appartient, ni à l'abbé Aulagnier, ni à moi, de la contester. Cette nouvelle discipline est fondée sur un principe social chrétien immémorial : celui de la liberté religieuse.

A moins d'adhérer à l'idéologie lefebvriste de l'obéissance "si", le fidèle est tenu par la discipline, serait-elle nouvelle. Et il est tenu sous peine de péché.

Donc ce que dit Benoît XVI, et qui ressortit au discours sociologique plus que doctrinal, c'est que de l'attitude de repli, de crainte, de condamnation, de polémique doit changer en une attitude d'accueil et de compréhension du monde moderne. Rien qui contredise le Syllabus. Il s'agit d'un rappel à la charité.

En rien et sur aucun point, Vatican II ne transige doctrinalement, ni avec la "civilisation moderne", ni avec le "libéralisme", ni avec le "progrès" tel qu'entendu au XIXème siècle.

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