9.11.12

Le mariage civil est un moindre mal, voire une nécessité actuelle donc une obligation



Sur "Nouvelles de France", monsieur Thieuloy prone la suppression du mariage civil ("Séparer le mariage traditionnel de l'Etat"). Il a tort. Le mariage est une institution religieuse et sacrée. L'Etat laïc n'a pas à organiser les mariages ni, a fortiori, à refuser de "reconnaître" les mariages religieux catholiques. Il doit reconnaître le mariage religieux dans la mesure où ce mariage est conforme à la raison donc au bien commun.

Pas plus que dans les autres matières, à propos du mariage, il ne peut faire semblant de ne faire aucune différence entre les croyances, comme l'y invite, dans un déni de pouvoir à la raison, le laïcisme. Il y a des croyances condamnées par la raison. Telle sont les croyances au "mariage" homosexuel ou au mariage polygame, ou au mariage à l'essai, ou au mariage temporaire, ou l'autorisation donnée au mari de battre sa femme. Il doit donc reconnaître l'autorité doctrinale de l'Eglise en cette matière et en premier lieu du Pape qui lui enseigne la vérité en matière de mariage, mais également, d'ailleurs probablement en vertu de cette autorité organiser et sanctionner les mariages des acatholiques.

Donc, il doit être avisé et prendre note des mariages catholiques. Il peut faire des remarques au clergé. Il peut déléguer ses pouvoirs en matière de mariage à des ministres de cultes acatholiques, mais il doit dans ce cas vérifier la conformité des mariages avec l'ordre public et les sanctionner par des nullités.

Il doit enregistrer les mariages, tous les mariages, pour des motifs fiscaux (le mariage doit être favorisé en raison des services qu'il rend à la société), il doit le faire pour des motifs de droit civil et de droit administratif.

L'Etat, conformément à la division des pouvoirs et à la saine laïcité, l'Etat doit organiser les relations matrimoniales entre les époux et les relations matrimoniales des époux avec le reste de la société. L'Etat ne peut ni légiférer à sa fantaisie, ni ignorer le mariage. Il doit respecter la saine laïcité et sa division des pouvoirs. De la même façon qu'il ne peut ni ne doit ignorer les religions, ni s'immiscer arbitrairement dans leur vie.

Quel est le statut des mariages entre athées ou plus généralement des mariages entre acatholiques ? L'Etat a certainement le devoir de faire régner l'ordre public. Eclairé par l'Eglise, il doit donc interdire les pratiques telles que la répudiation, le divorce facile, la polygamie, le "mariage" homosexuel, la consanguinité, les empêchement pour alliance etc. Il doit aussi reconnaître et protéger les mariages valides entre acatholiques. Il doit donc légiférer sur les mariages valides notamment en matière fiscale et de droit civil. L'Eglise étant un guide rationnel, il doit se conformer à ses enseignements et lui renvoyer les cas matrimoniaux au sens strict du terme. A mon avis il peut donc dans ce cadre pour s'éviter les contrôles a posteriori organiser lui-même les mariages des citoyens (pour ce qui concerne les catholiques par esprit de tolérance et pour ne pas choquer les acatholiques).

Il doit aussi légiférer sur le mariage en lui-même en édictant des règles conformes à la raison. A mon avis, il peut donc instituer et rendre obligatoire un mariage civil pour les acatholiques et enregistrer les mariages catholiques. L'institution du mariage civil est dans l'état actuel de la société impossible à éviter et qu'il soit imposé aux catholiques est en soi un injustice, mais une injustice en l'état impossible à éviter. Car l'Etat doit faire régner la raison dans la société donc à propos du mariage. Ce n'est donc certainement pas contre le mariage civil que l'on doit lutter aujourd'hui. L'Etat ne peut laisser le mariage aux superstitions contraires à la raison. Il doit légiférer et organiser afin de contrôler la mise en œuvre de l'ordre public. Sur la notion d'ordre public, j'ai écrit plusieurs posts. L'Etat doit d'ailleurs, dans ce cadre, lutter contre la contrefaçon du mariage qu'est le concubinage, l'interdire au lieu de la favoriser par le PACS.


Panneau photographié au Laus (Hautes Alpes). Maxime spirituelle : "Ne vous souvenez plus d'autrefois"
Certains catholiques extrémistes, dont j'ai pu être (sans toutefois aller jusqu'à nier la compétence de l'Etat en matière de relations patrimoniales et de fiscalité), ne veulent plus du "mariage civil", à mon avis, ils ont tort. Ils favorisent d'ailleurs les superstitions et rejoignent curieusement les revendications laïcistes et hostiles au mariage (communistes, libertaires etc.) Le catholique ne peut se désintéresser des autres humains, il doit "agir en chrétien pour le bien de tous". C'est le contraire du sectarisme.


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